Barbade : Cinquante ans d’indépendance La lettre de Combat Ouvrier.

la Barbade la seule île où, entre 1977 et 2003, les riches touristes accédaient en Concorde.


Rédigé le Samedi 19 Novembre 2016 à 07:49 |
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Le 30 novembre 1966, la Barbade, ancienne colonie de la Grande Bretagne, devenait indépendante. Elle célèbre cette année cet anniversaire par des festivités sportives et culturelles.


Photo non contractuelle. Un peit village de MARTINIQUE peut vous donner le sentiment d'etre à BARBADE . Il S'agit du BANBOU HOTEL

Cette petite île de la Caraïbe (de 430 km2) a tenu vaille que vaille ces cinquante années avec une situation économique un peu meilleure que celle des îles voisines, même si les indicateurs officiels cachent beaucoup d’inégalités. Ses leaders politiques ont choisi la collaboration avec les États-Unis : en 1983 ils ont soutenu l’invasion militaire américaine de la Grenade en envoyant des troupes.

Elle est le seul état de la Caraïbe à avoir voté contre la reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU en 2012. Son économie est essentiellement basée sur le tourisme, un tourisme de luxe - la Barbade la seule île où, entre 1977 et 2003, les riches touristes accédaient en Concorde. L’île reçoit des subventions des États Unis et de la Grande Bretagne. Elle fait partie du CARICOM (Marché Commun des Caraïbes).

Cette année l’Independence day (Jour de célébration de l’Indépendance) sera aussi le jour de celui qu’on appelle le père de l’Indépendance, Errol Walton Barrow. Ce dernier était déjà premier ministre en 1961. Cette année-là, la Barbade, en s’unissant à la Fédération des West Indies, pouvait avoir un gouvernement autonome. Entre 1951 et 1955, Barrow a été membre du BLP, Barbados Labor Party, parti travailliste de Barbade. Il quitta ce parti pour rejoindre le DLP, Democratic Labor Party, scission du BLP à qui il reprochait de prêter plus d’attention aux consignes du gouverneur britannique qu’aux élus du parlement dont il faisait partie. Les luttes pour l’indépendance ont duré jusqu’en 1966 avec le DLP. Barrow sera alors Premier ministre entre 1966 et 1976 où il devint le chef de l’opposition au BLP. Il redevint Premier ministre en 1986 jusqu’à sa mort en 1987. Les deux partis DLP et BLP ont continué à dominer la vie politique de la Barbade. Partis centristes, comparables au Parti travailliste anglais, ils diffèrent peu. Le DLP est resté au pouvoir jusqu’en 1994, le BLP l’a remplacé jusqu’en 2008. Le premier ministre actuel Freundel Stuart est membre du DLP.

Mais Barbade n’est pas un paradis pour tous, même si la population n’exprime pas sa souffrance. Lors de l’Independence day de 2015, le principal syndicat BWU, Barbados Workers Union, syndicat des travailleurs de la Barbade, félicitait les gouvernements successifs du DLP et du BLP. Il reconnaissait « la récente récession économique responsable d’une croissance négative et de coupes dans le budget de l’État, de licenciements et de chômage, dans les secteurs public et privé. » Les différents syndicats s’excusent même de devoir combattre le gouvernement qui ne respecte pas les droits des travailleurs. La population pauvre et les travailleurs qui souffrent les poussent à réagir.

Ainsi ils demandent le renvoi des fonctionnaires chargés de l’immigration accusés d’expulser illégalement les « em-ployés de maison », essentiellement des femmes venues de la Caraïbe, des accords existant entre les îles pour les salariés qualifiés. D’un autre côté cette année encore, à l’ouverture d’un grand chantier, les patrons ont été accusés de faire venir des ouvriers de l’extérieur qui sont sous-payés et concurrencent la main d’œuvre locale. Mais dans les syndicats même, il y a de la contestation, les travailleurs s’attaquent à certains leaders jugés trop conciliants avec les exploiteurs.

Les syndicats dénoncent aussi une crise morale : des lycéens s’attaquent à leurs enseignants, la violence se développe. Enfin la crise économique mondiale rattrape la Barbade. En septembre 2016, au Nations unies, la ministre des affaires étrangères, membre d’un gouvernement qui ne défend pas les travailleurs, a dénoncé les « agences internationales de développement qui pénalisent le progrès dans le développement humain et qui ignorent nos vulnérabilités ; les impacts négatifs des décisions économiques et financières des institutions financières internationales et autres institutions; et les attaques persistantes et injustifiées des services financiers internationaux accompagnées d’imposition d’énormes conditionnalités. »

Ces déclarations mettant en cause l’international servent de prétexte au gouvernement pour s’en prendre aux plus démunis et décider régulièrement de nouvelles taxes que la population n’arrive pas à payer.

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