Culture- CTM- Aurélie Dalmat / Un centre culturel martiniquais, portera le nom d'un Indien Tamoul

Dénomination du centre culturel par la Collectivisé Territoriale de Martinique ce vendredi .


Rédigé le Mercredi 5 Aout 2020 à 22:58 |
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Mais qui est celui qui donnera son nom à ce centre culturel ? Cette dénomination du centre culturel par la Collectivisé Territoriale de Martinique ce vendredi matin ; dès 10 heures, en présence du Président de la Collectivité Territoriale de Martinique Alfred Marie-Jeanne.Dévoilement de la plaque 11 h..Quelques prestations artistiques jalonneront cette journée qui se clôturera à 15 h 30


BIOGRAPHIE DE BASILE ANTOINE TANGAMEN dit « Zwazo » (1902-1992)

Centre Culturel de Gradis
Basile Antoine TANGAMEN est né le 2 janvier 1902. Il n’a que quatre mois lors de l’éruption de la Montagne Pelée.

Le nom «TANGAMEN » (tamoul standard TANGAMMAA) lui fut attribué par erreur par l’officier d’Etat civil, une tierce personne ayant été désignée pour déclarer la naissance de l’enfant. C’est le nom indien de sa mère Pauline CARPAYE, « TANGOMEN », qui est consigné dans les registres d’état civil. Ce nom est dérivé de Tangam « or » en tamoul ; la traduction littérale de ce nom est « mère en or » ou comme terme d’adresse affectueux, revêtant alors la signification de « mon or », singulièrement à l’adresse des nourrissons.

Celui que l’on surnomme « Zwazo » serait issu de la deuxième ou de la troisième génération d’Indiens de Martinique par sa mère et au moins de la troisième génération par son père.

Pauline CARPAYE, sa mère, est amarreuse et Joseph NALLAMOUTOU, son père, est conducteur de cabrouet. Ils travaillent tous les deux sur l’Habitation Gradis à BASSE-POINTE.

Antoine TANGAMEN dit « Zwazo »
Jusqu’à l’âge de douze ans, Antoine TANGAMEN intègre les « tibann », ateliers d’enfants, où il assure des travaux mineurs comme l’épandage du guano* ou le ramassage des feuilles de canne devant nourrir les animaux de l’Habitation. Au sortir des « tibann », il occupe toutes sortes d’emplois, coupe de la canne, conduite des cabrouets, sarclage.

Dix ans plus tard il est Maître Commandeur sur la plantation et le reste durant plus de 30 ans. Contremaître des récoltes de la canne à sucre, il est un rouage essentiel de l’espace plantationnaire, il est l’interface entre les commandeurs subalternes et la hiérarchie (propriétaire/géreur/économe/commandeur/commandeurs subalternes/ouvriers).

A ce titre, il distribue les tâches journalières, contrôle l’exécution des travaux, exige le maximum de productivité, rapporte à l’économe les jours de présence de chaque ouvrier et les tâches exécutées par chacun, assiste l’économe le jour de la paie. Il a le pouvoir de proposer au géreur recrutements, gratifications, sanctions.
Il se marie à deux reprises, à l’âge de 20 ans avec Mademoiselle Louise AÏNAMA le 3 juin 1922 et avec Mademoiselle Gérard MOOTHAMALE le 10 décembre 1958.


Officier cérémoniel de la religion hindouiste, ce Vatialou (prêtre-interprète), dernier grand tamoulophone de l’île, chanteur du Ramayana, interprète des paroles sacrées.

Il décède le 22 avril 1992 à 90 ans, dans sa case de Gradis, au terme d’une série d’hospitalisations.

Deux univers auront coexisté en lui, l’univers de la plantation martiniquaise post-esclavagiste et l’univers cultuel. Il est l’interlocuteur incontournable de tous ceux qui s’intéressent à l’hindouisme martiniquais. Il a vécu un siècle de reconfiguration hindoue, de condition indienne dans un espace plantationnaire du nord de la Martinique.

Son nom a été donné à une salle du collège Jacqueline-Julius (Godissard, Fort-de-France) le 29 avril 2013
Et à une rue de Basse-Pointe le 4 mai 2013.

Découvrez le dossier de présentation du Centre Culturel de Gradis en cliquant sur le document joint ci-dessous.



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