LA FIERTE NOIRE INCONSTESTABLE Par ETILE René-Louis Parfait


Rédigé le Mercredi 27 Janvier 2010 à 09:41 |

Par la REDACT: Al'heure où un intellectuel martiniquais ,insulte son Peuple noir,il est bon de faire le point par la publication de cet article de Etilé René Louis Parfait. Une mise au point qui fera de ce "croisé"kréol refléchir sur la porté de ses propos.


Il existe des Nègres noirs « charbon » qui ont défendu corps et âme la cause des aryens, des caucasiens et des autres leucodermes tout en ayant un grand mépris pour la « race » noire. Récemment, nous avons publié sur notre site web l’exemple du « Ya bon Blanc » Léopold Sedar Senghor qui avait reçu sur un site web africain le prix « Bounty d’Or » (Voir notre article : SENGHOR, le "Ya bon Blanc"). Mais nous aurions pu citer : Jean-Bedel Bokassa, Félix Houphouët-Boigny, etc., ou certains nègres décorés de « Prix Bounty Or, argent ou bronze » ces dernières années sur certains sites web africains : Gaston Kelman, Calixthe Beyala, etc.

A l’opposé, il existe des Nègres noirs « charbon » et des métis (qu’importe « le pourcentage » de leur négritude) qui ont œuvré ou qui œuvrent corps et âme pour la communauté noire. Dans cet article (premier volet du genre), nous mettons en avant quelques « grands » métis, hommes et femmes, qui ont de nombreux points en commun ; tous, ils se considèrent Noirs ; tous, ils sont fiers d’être Noirs ; tous ont apporté ou apportent gloire et fierté à la communauté noire mondiale.

Malcolm X

Louis Delgrès

Bob Marley

Frederick Douglass

Chevalier de Saint-George

François-Auguste Perrinon

Thomas Alexandre Dumas

Léon-Gontran Damas

Louis Farrakhan

Frantz Fanon

Alexandre Pouchkine

La mulâtresse Solitude

Aimé Césaire

MALCOLM X

X, jamais lettre n’aura été tant connue de par le monde, depuis le jour où un certain Malcolm Little en aura fait sa marque de révolte. C’est le 19 mai 1925 que Malcolm Little naît à l’Université Hospital d’Omaha. Son père, Earl Little et sa mère, Louise Norton, se marient à Montréal le 10 mai 1919. Ouvrier du bâtiment, Earl est pasteur baptiste auto-ordonné ; c’est aussi un disciple de Marcus Garvey, fondateur de l’Universal Negro Improvement Association. La mère de Malcolm, Louise Norton, est née à la Grenade, de mère noire et de père écossais (Elle est donc Antillaise et métis). Malcolm X fut incontestablement l’un des plus grands leaders noirs du XXe siècle (voir notre article « Malcolm X » sur notre site). Le 21 février 1965, Malcolm X est abattu au cours d’un meeting de l’OAAU à l’Audubon Ballroom de Harlem. Son assassin, Talmadge Hayer, est arrêté, ainsi que deux complices.

LOUIS DELGRES

Louis Delgrès naît en août 1766 à la Martinique (ville de St Pierre). Sa mère est martiniquaise ; son père, un Blanc, est un ancien fonctionnaire du Roi à Tobago. Militaire de carrière, Delgrès est plusieurs fois remarqué pour ses faits de guerre sur les champs de bataille durant les combats opposant Français républicains et Anglais royalistes dans la Caraïbe. En 1802, il est nommé colonel de l’armée française. Il sera affecté à la protection de la Guadeloupe, et aura pour mission de défendre l’île contre les grandes puissances occidentales ennemies. A la même époque, Bonaparte fait rétablir l’esclave qui était aboli depuis 1794. Peu de temps après Delgrès déserte l’armée Française et organise la résistance face à Richepance venu en Guadeloupe rétablir l’esclavage. Comme Toussaint Louverture il devient meneur. A la tête d’un groupe de rebelle armé il défendra cette liberté si durement acquise, après des siècles de cruautés. Delgrès résiste avec ses 300 hommes à une armée de 1800 soldats de Richepance. Devant l’inévitable, d’un commun accord Delgrès et ses hommes décident d’installer des barils de poudre autour d’eux pour les faire exploser préférant ainsi mourir en homme libre, et en emportant dans la mort des soldats français. Le Colonel d’Infanterie Delgrès, commandant en chef de la force armée de la Basse Terre, dira : « Vivre libre ou mourir ! ». Le 16 juin 1802, Richepance rétabli l’esclavage en Guadeloupe.

BOB MARLEY


Robert Nesta Marley est né le 6 février 1945 à Rhoden Hall près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann (Jamaïque, Antilles). Né d’une mère noire jamaïcaine âgée de 18 ans, Cedella Marley Booker, née Malcolm, et d’un père blanc d’origine anglaise, superviseur à cheval des travaux des champs et âgé d’une cinquantaine d’années, Norval Marley, qu’il n’a que très peu connu. Bob Marley a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale, et ce bien plus qu’il est généralement admis (le remix, ou dub, et le rap sont directement issus du reggae). Sa musique a touché tous les publics, transcendant les genres, comme en témoigne un large culte, encore en pleine expansion dans le monde entier à la fin du vingtième siècle. Miroir de l’esprit rebelle des peuples opprimés, héros, exemple et modèle à la fois, Bob Marley est considéré par plusieurs générations déjà comme le porte-parole défunt mais privilégié des défavorisés. Il est avant tout le premier musicien à incarner et assumer pleinement et naturellement cette identité de porte-parole contestataire, un statut que d’autres musiciens comme James Brown (dont il a enregistré plusieurs compositions), Bob Dylan ou John Lennon ont approché mais n’ont jamais totalement obtenu ou assumé pour diverses raisons. En dénonçant la falsification ou l’omission des cultures africaines et afro-américaines par les religions occidentales et les historiens colonialistes (Zion Train, Music Lesson), et avec l’essentiel ingrédient spirituel et culturel rasta (Forever Loving Jah, Rastaman Chant), Bob Marley a suivi une voie qui ne se limite pas à la protestation d’ordre social.

FREDERICK DOUGLASS

Frederick Douglass est né Frederic Augustus Washington Bailey vers 1818 et décédé le 20 février 1895 à Washington D.C. (États-Unis). Celui qui allait devenir le premier leader et porte-parole de la communauté noire américaine était un métis, né esclave, d’une mère noire et d’un père blanc qui était le « maître ». Le maître abuse sexuellement de ses femmes esclaves pour produire d’autres esclaves. Après sa fuite en 1838 pour gagner les Etats du Nord, Douglass s’engage dans les rangs du mouvement abolitionniste dont il devient un orateur brillant. Il fait pression sur le Président Abraham Lincoln pour l’obtention des droits civiques pour les Noirs. Son livre, « Mémoires d’un esclave », son autobiographie, est un véritable outil de propagande contre l’esclavage. Douglass veut faire comprendre aux lecteurs, l’horreur du système esclavagiste, son inhumanité et l’inadmissibilité de l’oppression. Le fait d’avoir du sang blanc ne permet pas d’échapper à la servitude. Douglass démontre que l’institution de l’esclavage n’est qu’une entreprise d’aliénation pour des motifs économiques et politiques, justifiée par une pseudo-vérité biblique, la malédiction de Cham (Kam). La démonstration de Douglass s’oppose au discours racistes des philosophes de la Renaissance européenne et des « Lumières » (lumières par ailleurs plutôt diaboliques).

CHEVALIER DE SAINT-GEORGE


Surnommé « le Mozart noir » par ses pairs, Violoniste virtuose et compositeur de la fin du XVIIIe siècle, Joseph Boulogne, chevalier de Saint-George et premier franc-maçon noir de France, est né en Guadeloupe d’un noble français et d’une esclave. Vers 1752, son père l’emmène en France où il étudie la musique : le violon avec Jean-Marie Leclair (considéré aujourd’hui comme le fondateur de l’école française de violon) et la composition avec François-Joseph Gossec (le premier à diriger les œuvres de Haydn en France). Grâce à Gossec, Saint-George entre en 1769 comme premier violon au « Concert des Amateurs » (société qui commandait, exécutait et faisait imprimer des œuvres) et entame une carrière de soliste de violon en 1772-1773, exécutant ses propres concertos. Succédant au maestro, il devient chef d’orchestre de cet ensemble qui, en 1775, est désigné comme meilleur orchestre symphonique à Paris. Cette année-là, la reine Marie-Antoinette le choisit comme directeur de musique et le roi le nomme directeur de l’Opéra de Paris : poste qui suscitera des réactions xénophobes tenaces de la part de certains membres de cette institution réputée. En 1781, Saint-George fonde et dirige les « Concerts de la Loge Olympique ». Ce génie de la musique classique, excellent violoniste, chef d’orchestre reconnu, encensé par la presse, a écrit des concertos pour violon, des symphonies, des quatuors à cordes, etc. Adopté par la noblesse française, il a été un musicien très en vogue à la fin du XVIIIe siècle. Signe des temps, une rue de Paris dénommée « Richepance » - du nom du général qui rétablit l’esclavage dans les Antilles en 1802 sur l’ordre de Bonaparte - a été rebaptisée, en décembre 2001, rue Chevalier de Saint-George. Les duels à l’épée du Chevalier de Saint-George, contre les plus fines lames d’Europe, sont restés célèbres.

FRANÇOIS-AUGUSTE PERRINON


François Auguste Perrinon, né en Martinique (ville de Saint-Pierre). Sa mère, Rose, était une esclave, affranchie sous le Consulat. Son père, un Blanc, le colon Perrinelle, venait voir Rose régulièrement. Rose a eu au total quatre enfants hors mariage. Envoyé en France, Perrinon devient élève de l’école de Polytechnique et se spécialise dans l’artillerie de Marine. Très brillant en Mathématique, François-Auguste Perrinon devient le premier polytechnicien noir de France en 1834. (Avant le premier Guadeloupéen Camille Mortenol de la promotion de 1880) En 1842, Perrinon fait partie de la garnison de la Guadeloupe. Il est anti-esclavagiste et en 1847, dans une brochure sur Saint-Martin "Résultats d’expérience sur le travail des esclaves", il s’emploie à démontrer que le travail libre est possible. Un an plus tard, il fait partie de la Commission d’abolition d’esclavage puis est envoyé comme commissaire d’abolition, puis commissaire général à la Martinique (Juin-novembre 1848). Avec Schœlcher, dont il est proche, il est député à l’Assemblée Nationale (1849-1850). Après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, il regagne les Antilles et va vivre à Saint-Martin où il exploite des salines. Il refuse de prêter serment à Napoléon III (lettre du 18 avril 1853) ce qui lui vaut d’être rayé des cadres de l’armée.

THOMAS ALEXANDRE DUMAS

Alexandre Dumas naquit Alexandre Davy De La Pailleterie à Villiers le 24 juillet 1802. Son père, né en Haïti, le général Thomas Alexandre Dumas, était le fils naturel d’Antoine Davy, Marquis de la Pailleterie et Marie Cessette Dumas, une négresse haïtienne. Lorsque Thomas se sépara de son père, le marquis et s’engagea dans l’armée française à l’âge de 22 ans, il renonça à son nom de noblesse, Davy, et dès lors se servit du nom de sa mère, Dumas, comme fit son fils l’écrivain de génie. Avant de mourir à Villers-Cotterêts, le 25 février 1806 et d’apprendre l’indépendance de Haïti, Thomas Dumas, le père d’Alexandre Dumas, avait été général de division et héros des guerres de Napoléon. Mais Bonaparte lui ayant offert d’aller combattre Toussaint Louverture et les révoltés de Saint-Domingue en lutte contre l’esclavage, Thomas lui répondit :« Comment pourrais-je vous obéir ? » Cela lui vaut la disgrâce de Bonaparte, qui l’écarte de l’armée. En 1838, l’écrivain Alexandre Dumas demandait qu’une statue de son père, Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas (1762-1806), héros de la Révolution, premier général français d’origine africaine, défenseur acharné des droits de l’Homme, né esclave dans l’île française de Saint-Domingue (aujourd’hui République d’Haïti) fût érigée à Paris. Ce qui fut fait, enfin, pour le centenaire de la mort du général.

LEON-GONTRAN DAMAS

"Léon-Gontran Damas (28 mars 1912 - 22 janvier 1978) : Métis noir, amérindien, blanc, né en Guyane, co-fondateur du mouvement de la négritude avec Césaire et Senghor (voir notre article sur Senghor), grand amateur de jazz, il publia en 1937 Pigments, recueil de poèmes où il se révolte avec violence contre l’éducation créole, sorte de "camisole de force" imposée par l’acculturation. Il fit à Paris des études de droit puis, à l’École des langues orientales de russe, de japonais et de baoulé. Un de ses grands thèmes est la honte de l’assimilation. Engagé dans la politique, il fut député de Guyane de 1948 à 1951. Il sera ensuite enseignant aux Etats-Unis.

LOUIS FARRAKHAN


Louis Farrakhan a grandi au sein de la communauté antillaise du quartier Roxbury de Boston, dans le Massachusetts. Sa mère a émigré de Saint-Christophe-et-Niévès dans les années 1920 ; son père, d’origine jamaïcaine et chauffeur de taxi à New York ne s’est pas investi dans l’éducation de son fils. Il reçoit une formation de violoniste. À l’âge de six ans, il possède déjà son premier violon et à l’âge de 13 ans, il joue dans l’orchestre de l’université de Boston et le Boston Civic Symphony. Un an plus tard, il remporte des concours nationaux, ainsi qu’un concours télévisé de l’époque, Original Amateur Hour présenté par l’animateur américain Ted Mack, une émission précurseur des futurs American Idol aux États-Unis ou À la recherche de la nouvelle star en France. Il est d’ailleurs l’un des premiers Noirs à apparaître dans cette émission très populaire. À Boston, Louis Farrakhan passe sa scolarité dans les prestigieuses Boston Latin School et English High School, dont il sera diplômé. Il poursuivra durant deux ans ses études à l’université, mais abandonnera pour poursuivre une carrière d’artiste. Louis Farrakhan est aujourd’hui à la tête de la N.O.I. Il prête une attention particulière à défendre la cause des Noirs et au continent africain. Le but, c’est de ne plus dépendre des Blancs. Il défend les droits des Noirs américains. Il se bat pour l’amélioration du statut socio-économique des Noirs, pour l’accès aux études, pour la lutte contre la délinquance, et pour les droits des femmes musulmanes. Il fait un juste constat du comportement des Leucodermes depuis de nombreux siècles jusqu’à aujourd’hui : esclavage, colonialisme, impérialisme, apartheid institutionnel, falsification historique, mystification religieuse, pillage de l’Afrique, racisme et xénophobie, etc.

FRANTZ FANON

Frantz Fanon, né le 20 juillet 1925 en Martinique (ville de Fort-de-France, la capitale de l’île) et décédé le 6 décembre 1961 à Washington, était un psychiatre et essayiste. Il est l’un des fondateurs du courant de pensée tiers-mondiste. Penseur très engagé, il a cherché à analyser les conséquences psychologiques de la colonisation à la fois sur le colon et le sur le colonisé. Dans ses livres les plus connus, il analyse le processus de décolonisation sous les angles sociologique, philosophique et psychiatrique mais il a également écrit des articles importants dans sa discipline : la psychiatrie. Frantz Fanon est le cinquième enfant d’une famille « mulâtre » comptant huit personnes. Il reçoit son éducation au Lycée Victor-Schœlcher de Fort-de-France où Aimé Césaire enseigne à l’époque. En 1953, il devient médecin-chef d’une division de l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en Algérie. Dès le début de la guerre d’Algérie, en 1954, il s’engage auprès de la résistance nationaliste et noue des contacts avec certains officiers de l’Armée de libération nationale ainsi qu’avec la direction politique du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il remet au gouverneur Robert Lacoste sa démission de médecin-chef de l’hôpital de Blida-Joinville en novembre 1956 puis est expulsé d’Algérie en janvier 1957. Il rejoint le FLN à Tunis, où il collabore à l’organe central de presse du FLN, El Moudjahid. En 1959, il fait partie de la délégation algérienne au congrès panafricain d’Accra. Frantz Fanon est devenu un maître à penser pour de nombreux intellectuels du tiers-monde. Son livre le plus connu est Les Damnés de la terre (1961), manifeste pour la lutte anticoloniale et l’émancipation du tiers-monde. (SES LIVRES : L’œil se noie, Les Mains parallèles et La Conspiration, trois pièces de théâtres inédites écrites entre 1949 et 1950 ; Peau noire, masques blancs, 1952 ; L’An V de la révolution algérienne, 1959 ; Les Damnés de la Terre, La Découverte, 1961 ; Pour la révolution africaine, La Découverte, 1964)

ALEXANDRE POUCHKINE


Alexandre Pouchkine est né à Moscou dans une famille de vieille noblesse russe, aisée et amatrice de littérature. Son arrière grand-père était Abraham Hanibal, filleul, ami et général africain de Pierre le grand. Pouchkine était particulièrement fier de cet aïeul, dont il avait hérité certains traits qui le distinguaient fortement de ses concitoyens : teint olivâtre, lèvres épaisses, cheveux noirs et crépus. Alexandre Pouchkine inaugure la grande littérature russe. Il est dit parfois que Pouchkine a inventé la langue russe moderne. En tous cas, c’est lui qui parachève l’action de ceux qui luttaient, depuis des décennies, pour imposer, en littérature, le russe tel qu’il était parlé, et non celui, figé, des textes administratifs (oukazes) et religieux. Le deuxième mérite de Pouchkine est d’avoir libéré la littérature russe de l’influence étrangère. D’un point de vue stylistique, tous s’accordent à lui reconnaître une simplicité, une précision et une élégance extrêmes. Pouchkine était déjà considéré au moment de sa mort comme le plus grand écrivain russe. Les circonstances dramatiques de sa disparition l’ont transformé en véritable légende (Un duel au pistolet entre un officier français, le baron D’Anthès et lui est inévitable. Il a lieu un soir de février, dans les faubourgs de Pétersbourg, près de la rivière noire. Le poète reçoit une balle de pistolet dans le ventre et meurt, quelques jours plus tard, des suites de cette blessure). Aujourd’hui, Pouchkine bénéficie toujours d’une énorme popularité en Russie.

LA MULÂTRESSE SOLITUDE


La mulâtresse Solitude est née vers 1772 en Guadeloupe, dans la commune du Carbet de Capesterre. Elle est née esclave car elle était la fille d’une négresse bossale. Capturée dans son village natale, elle avait sans doute été violée lors de la traversée vers les îles. Elle fût donc le fruit des viols de vaisseaux négriers. Selon la légende c’était une belle métisse à la peau souple et d’un brun acceptable pour les Blancs et ses deux yeux étaient de nuances différentes. Lorsque Napoléon Bonaparte décida de rétablir l’esclavage dans les colonies, dont la Guadeloupe, cela déclencha de nombreuses insurrections dans l’île. Car les nègres ayant goûté à la liberté ne voulaient la laisser s’échapper. C’est à cette époque que Solitude entra en marronnage au côté de ses compagnons de guerre. Femme sans peur elle combattait farouchement machette à la main face aux soldats du général Richepance. Combattante de la Liberté pendant l’épopée de Delgrès et Ignace en 1802, ils menèrent bataille sans relâche afin d’atteindre ce dernier souffle de liberté tant espéré. Le tournant de la bataille eu lieu le 21 mai 1802, quand Delgrès et ses troupes sont contraints d’abandonner leur retraite au fort Saint-Charles, pour rejoindre l’habitation Danglemont à Matouba. Là, fût organisé l’îlot ultime de la résistance. Lors du dernier assaut donné par les hommes de Richepance, accompagnés de nègres qui avaient perdu l’esprit de solidarité, la bataille fit rage jusqu’à ce que Delgrès fit sauté l’habitation. Solitude grièvement blessé après l’explosion, fût capturée et condamnée à mort, excepté le fruit de son ventre, car elle était enceinte. Elle fût exécutée au lendemain de son accouchement, le 29 novembre 1802. Le mystère plane encore sur le devenir de son enfant. Mulâtresse de naissance, elle demeura négresse dans l’âme et ce jusqu’à la mort. Une statue fût érigée en sa mémoire en 1999, au carrefour giratoire de la Croix (Abymes, voir photo ci-dessus). Son nom restera dans l’histoire mais pas assez dans les mémoires.

AIME CESAIRE

Aimé Césaire est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui "quand Aimé parle, la grammaire française sourit..."


Après avoir obtenu son baccalauréat et le "Prix de l'élève le plus méritant", il obtient une bourse et arrive à Paris en 1931 pour poursuivre ses études, qui le conduiront du lycée Louis-le-Grand à l'École normale supérieure. En 1934, il fonde la revue l'Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée.


En 1936 il commence à écrire. Père du mouvement de la négritude, il déposera sur un cahier d'écolier les mots de la colère, de la révolte et de la quête identitaire donnant ainsi naissance à son oeuvre poétique majeure, le Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939 date de son retour en Martinique. Il enseigne au lycée de Fort de France. En 1941, il fonde la revue Tropiques.


Il s'engage en politique dans les rangs du Parti communiste français qu'il quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM). En 1945 il devient maire de Fort-de-France et député de la Martinique. Son Discours sur le colonialisme (1950) dira sous la forme du pamphlet toute son hostilité au colonialisme européen. La politique, la poésie mais aussi le théâtre. Césaire est, également, dramaturge. Sa pensée se trouve au carrefour de trois influences: la philosophie des Lumières, le panafricanisme et le marxisme.


Moi, Laminaire publié en 1982 et La poésie (Seuil ) en 1994 sont les derniers livres en date. En 1993, il met un terme à une longue carrière parlementaire. Il a été maire de Fort-de-France plus de cinquante ans. Aux dernières élections municipales en 2001 il a passé le flambeau à Serge Letchimi.

L'histoire suit son cours et fais pas de crédit .




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