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Le livre de Guy FLANDRINA: Le jour où les Békés se sont mis en colère.


Rédigé le Lundi 6 Juin 2016 à 04:16 | Lu 470 fois


Second extrait MAKACLA LE DOSSIER DE LA SEMAINE: Le jour où les Békés se sont mis en colère.


Le livre est dans quasiment toutes les librairies de Guadeloupe, de Martinique et en France : à L'Harmattan, Présence Africaine et à la FNAC. Séances signature & dédicaces : * le 11 juin de 10h à 12h30 : Librairie ALEXANDRE * le 25 juin de 14 h à 17h00 : Librairie ANTILLAISE, la Galleria

Nouvel extrait du livre de Guy FLANDRINA

En Martinique, la production de bananes est, en 1991, de 187 564 tonnes. Avec la Guadeloupe, le tonnage français représente un total de 300 000 tonnes environ quand la consommation européenne est de 3,35 millions de tonnes ! Ces chiffres, à eux seuls, expriment que le bras de fer auquel se livrent tant les producteurs que les gouvernements et les multinationales n’est pas une affaire de manchots… Les géants américains, outre leurs bras longs, n’ont d’ailleurs pas fait mystère de leur appétit gargantuesque. Néanmoins, les producteurs antillais disposent encore d’un puissant lobbying, à la fois à Paris et à Bruxelles, en dépit de la taille lilliputienne de leurs exploitations. De plus, ils savent que dans un contexte social particulièrement explosif, ils peuvent tirer profit de la situation – en arguant du taux de chômage déjà élevé 27,2 % ! – pour avoir aussi bien l’oreille de l’Élysée que celle de Matignon.

Les Guadeloupéens et les Martiniquais n’ignorent pas non plus que pour agir auprès de Bruxelles, le gouvernement français doit pouvoir justifier de troubles manifestes sur son territoire dus aux désordres engendrés sur le marché de la banane par le Cameroun et la Côte d’Ivoire. Dans la nuit du dimanche 22 novembre au lundi 23 novembre 1992, c’est la prise des tarmacs, en Guadeloupe et en Martinique ! Les bananiers, des agriculteurs et transporteurs pénètrent dans les infrastructures aéroportuaires du Lamentin et de l’aéroport du Raizet (Abymes).

Commence alors une occupation des tarmacs qui durera quatre jours ! Les rebelles obtiendront l’écoute du pouvoir central grâce à cette mobilisation sans précédent de toutes les classes et catégories sociales, de tous les corps de métier ainsi que de l’écrasante majorité des courants politiques et syndicaux existants dans ces îles ; et plus particulièrement en Martinique.

Même si les dates auxquelles remonte le plus mauvais score de la banane sur les marchés ne font pas l’unanimité, une chose est certaine : 1992 est à inscrire d’une pierre blanche au nombre des années noires ! La cause de la banane semble transcender toutes les barrières sociales, économiques ou ethniques. Mais cette démonstration de force, d’apparence symbiotique, met aussi en lumière, paradoxalement, le racisme interethnique qui sévit sous nos latitudes (surtout entre Békés et Nègres) : ensemble n’est pas mélange ! C’est Aimé Césaire qui, observant son peuple, décrit avec force cette antinomique solitude plurielle :
« Cette foule […] ne se mêle pas : habile à découvrir le point de désencastration, de fuite, d’esquive. Cette foule qui ne sait pas faire foule […] . » Un évitement plus perpétuel qu’occasionnel qui n’invite ni même n’incite au faire avec, à faire ensemble.

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