MAKAC LA interpelle les martiniquais sur la construction d’un DÉCATHLON en Martinique.


Rédigé le Mardi 20 Mai 2014 à 19:25 |
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Pour quelles raisons Bernard HAYOT prend-t-il le risque de déstabiliser tout le secteur des magasins de sport en Martinique ?
Tout le monde a entendu parler au moins une fois de la fragilité de l’économie martiniquaise, et la fulgurance mondiale du groupe HAYOT. Les observateurs avertis connaissent aussi l’implication de ce même groupe sur plusieurs thèmes sociétaux tels que la jeunesse, la formation et l’identité culturelle martiniquaise.



Bernard HAYOT en tant que martiniquais, a toujours fait en sorte que les autres martiniquais le considèrent comme un ami. Un ami de la Martinique. Alors comment comprendre qu’un ami se conduise en prédateur avec d’autres martiniquais, fussent-ils des békés entre autres ?

L’arrivée d’un Décathlon de 3000 m2 en Martinique va dékalé la filière des revendeurs de matériel, d’accessoires, et vêtement de sport en Martinique. Cette filière représente une quarantaine de magasins, avec une moyenne de 5 personnes par entreprise. Trois enseignes se distinguent en représentant la tête de l’iceberg, INTER SPORT ET SPORT 2000 et MER ET SPORT. C’est donc environ 300 emplois directs qui risquent d’être remis en cause par l’arrivée de ce tsunami nommé DECATHLON.

Bernard HAYOT n’est pas venu tester une nouvelle idée, il est venu siphonner un marché fragile avec des moyens colossaux, qui risquent à terme de continuer encore plus à démailler un tissu économique fragile fait de petites entreprises.

Dans un secteur du sport qui n’était pas son métier à la Martinique il vient avec le numéro 1 français généraliste du sport, prendre une place qui ne peut être la sienne qu’en faisant des victimes de sa propre mutation. Si cette conclusion est inéluctable c’est que le phénomène est en marche depuis plusieurs années. La disparition des MACISPORT et autre petits magasins de communes avait commencé depuis plus de 15 ans.

Avec l’arrivée des enseignes SPORT 2000, GO SPORT et INTERSPORT c’est maintenant une guerre entre grandes enseignes qui va se dérouler sous les yeux du consommateur sur les bases d’une économie de comptoir.

Si ce qui se dit est vrai, à savoir que le groupe BH dispose en Asie ses propres acheteurs, malgré son appartenance à des enseignes nationales, c’est un combat semblable à celui du pot de fer contre les pots de terre qui risque de tuer des emplois, des entreprises et un réseau social.

Face à ses investissements, un pont, le remblais d’une mangrove, le détournement d’une rivière, avec la bénédiction des autorités, toutes les autorités confondues, voilà que s’érige inexorablement, un savoir-faire, mondial dans un temple de ferraille qui sera la nouvelle machine d’un homme dont le principe est d’être le maitre chez lui.

MAKAC LA ne se fait pas d’illusion sur la question évoquée dans cet article et ne s’attend pas avec cette simple lettre sur une feuille de choux même sur internet de changer le cours des choses dans les mutations qui vont s’opérer dans de ce secteur du sport et du bien-être en Martinique.
Par contre MAKAC LA entend attirer votre attention sur le fait que cela ne se fera pas sans conséquences, en particulier sociales, chez des concurrents qui ne pourront pour leur personnel que rajouter de la précarité à des situations déjà précaires.

Les autres responsables de magasins que nous avons interrogés pour les besoins de cette enquête, ne comprennent pas la détermination de ce géant qui vient s’installer au milieu d’un terrain où, pas moins de 4 concurrents sont à moins de 3 minutes sans embouteillage.
Une tentative de courrier alertant autorités sur les risques encourus aurait avorté, au prétexte que certains considéraient que face à une telle machine les liens familiaux entre békés pouvaient exploser.

Il n’empêche que les ressentis sont là et s’expriment en privé, dans tous les camps, clans et groupes. Les personnels des magasins concernés s’inquiètent aussi semble-t-il car, ils savent que les critères de recrutement de cette nouvelle entité sont très éloignés de leur réalité, des personnes en poste parfois depuis peut être plus de 20 ans.

Si MAKAC LA a constaté qu’en Martinique c’est Stéphane HAYOT qui haranguait les foules pour 50 pauvres petits postes, MAKAC LA s’est demandé s’il s’agissait d’une opération de « resséduction » où de l’envol définitif d’une nouvelle génération de dieu de l’économie de comptoir.
A moins qu’il ne s’agisse d’une mise en pratique, grandeur nature du concept de réduction selon lequel que pour être seul à se gaver il faut tuer ce qui pousse autour de soi quitte à faire une crise de foi.

Quant à l’argument il créait des emplois que voulez-vous d’autres ? Attendons de connaitre la natures des contrats, de savoir si il s’agit de contrat de qualification, de contrat à durée déterminée et de 55 emplois à l’ouverture, où tout le temps. De toute façon qu’est que c’est que 50 emplois quand en détruit 100.

Heureusement il restera aux martiniquais leur libre arbitre de « consomme acteur ». MAKAC LA saura utiliser le sien !


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