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Oh mon peuple, quand cesseras-tu d'être le jouet sombre au carnaval des autres ? Par Pierre Marcel Diaz




Sur nos différends écrans, ont défilé les images d'une cohorte de personnes tout de noir vêtue, volant du sucre dans un hypermarché de l’île. Sous la houlette d'un gourou, persona non grata dans certains pays d'Afrique, aux idées soi-disant révolutionnaires mais ressemblant plus à de la haine, des Martiniquais au nombre de cent cinquante à peu près ont parcouru les travées d'un centre commercial pour montrer leur capacité à réagir en bande.


Ce groupe d'exaltés de tous âges hurlait un slogan, vociférait, crachait son venin anti béké, désirant rappeler ainsi les heures sombres d'un esclavage qu'eux-mêmes n’ont jamais connu.

Ils marchaient en file indienne, disciplinés pour une fois.

Ces Martiniquais suivaient un être venu d'ailleurs, comme si, au sein de leur équipe, aucun n’était capable de les entraîner à commettre un délit tel que le vol. De tous temps, le Martiniquais a toujours ressenti le besoin d'être guidé par l'étranger. Naguère, ce fut la Madone, cette dame de Boulogne transformée en Grand Retour, une pâle copie de statut de plâtre qui ne valait même pas le prix du billet retour, venue déverser sur le peuple martiniquais une louange de prières en ce début de l'année dix-neuf cent quarante-huit.
Elle bénissait les cadavres encore chauds des victimes de la révolte à l'habitation "La Jus" au Carbet. Cette année des pires rebondissements où les ouvriers agricoles réclamaient l'augmentation de leur salaire mais aussi des conditions de travail plus décentes, fut marquée par de grands soulèvements. Pour toute réponse, durant quatre-vingt-dix jours, les gendarmes de la colonie déversèrent sur les processions organisées sur toutes les routes de l’île un déluge de balles. Puis, des années plus tard, ce fut l'espoir d'un éveil de conscience des anti-départementalistes que les révolutionnaires fonctionnarisés réclamaient à cor et à cri, à savoir l'égalité sociale, en se cachant derrière le Castrisme. Chemin faisant, en patientant sur le temps de l'émancipation, les Martiniquais misèrent sur Soeur Julienne qui, avant de se réfugier au Canada, bénissait par des bains, la tête plongée dans l'eau potable du robinet issu de Vivé .

Il ne leur manquait plus que les révélateurs de conscience qui prédisaient la fin du monde par le biais d'Agamemnon, où ils mettaient genoux à terre pour prier le ciel de ne pas tomber sur leur tête. Tout cela est la conséquence de la soumission du peuple créole qui favorise ces intrusions dans sa vie. Face à son moral, le bonnet d'âne serait trop petit pour sa tête qui enfle facilement sous la férule des couillonneurs du peuple. Que des personnes en quête d'identité veuillent se laisser berner par des menti menteurs comme le monsieur qui les incitait à se surpasser dans la révolte démentielle, là demeure leur problème. Mais, savent-elles que cet homme, issu d'une Française et d'un Africain, est interdit de séjour dans certains pays d'Afrique ; c’est ce même individu très proche du Front National qui prend la parole en public en France, en défendant les thèses de ce parti.

Ces personnes qui l'ont invité à venir en Martinique sont celles-là mêmes qui interdisaient au président du parti dit" fachiste" de descendre de l'avion à l'aéroport Aimé Césaire.

Sa ka pasé an tèt yo. Il est vrai que, regroupés en horde, les Martiniquais qui se sont déplacés pour écouter ce monsieur insulter d'autres Martiniquais, fussent-ils békés, pensent depuis longtemps qu'ils ont un compte à régler avec l'autre. Mais, ont-ils besoin de faire appel à l'étranger pour colporter leurs dires? Des personnes désireuses de prendre le pouvoir ici ne se sentent plus capables de discuter avec d'autres Martiniquais! Ce guide qui leur inspire la haine, ne sait pas que le sucre qu'il désigne comme l'objet qui divise les deux composantes du peuple, descendant des colons et arrière petits-fils d'esclave, est martiniquais, ce qui signifie qu'il est un produit nègre.

La majorité de la canne à sucre qui arrive à l'unique unité sucrière de l'île est cultivée par des petits colons, des nègres, des Martiniquais bon teint. L'usine du Galion n'est plus la propriété des békés depuis des décennies.
D'ailleurs, elle est subventionnée par la CTM, donc les impôts des Martiniquais. Il y a belle lurette que le béké, conscient que le sucre sur l’île n'étant plus une valeur ajoutée, s'est tourné vers le rhum qui connait un exceptionnel développement. Les suiveurs de ce gourou s'égarent sur la réalité martiniquaise car, en s'attaquant au sucre de canne, ils détruisent l'outil de travail de leurs voisins, parents, des petits planteurs martiniquais qui subsistent grâce à cette denrée créole. En dehors de toute la mise en scène d’images repoussantes, il serait temps que le Martiniquais, pour se sentir protégé et surtout défendu, voie la réaction des dirigeants par le biais des partis politiques.

C'est bien gentil de solliciter les suffrages en période électorale et de promettre monts et merveilles, mais que disent le PPM, le MIM, le parti communiste, la fédération socialiste, le Palima, le RDM, Bâtir le pays Martinique, ces partis qui revendiquent le pouvoir aux Martiniquais tout en étant en poste au pouvoir politique, dirigeant la Collectivité Téritorriale de Martinique, la CTM et autres collectivités de l’île ; je ne cite pas la droite, car bien que beaucoup de Martiniquais partagent ce courant de pensée départementaliste, elle est aux abonnés absents depuis qu’elle a vendu son âme au diable. Les dissidents qui aspirent à devenir macronistes devraient eux aussi monter au créneau. Nos dirigeants et aspirants dirigeants qui aiguisent déjà leur couteau pour les élections prochaines devraient réagir publiquement face à cette mascarade où un groupuscule se permet de sévir en toute impunité ici en Martinique, au vu et à la barbe de tout le monde, dont les représentants des forces de l'ordre.
A la pire manière musclée, ces quelques révoltés déversent des images de haine sur la Martinique pendant que le Comité Martiniquais du Tourisme, le CMT, réclame les deux millions manquant pour boucler son budget, désireux de promouvoir une Martinique attractive en mesure d’accueillir de nombreux touristes venus visiter son île.

Oh mon peuple, quand cesseras-tu d'être le jouet sombre au carnaval des autres ? C'est là que les Césairistes avec la très grande majorité des parlementaires martiniquais devraient mettre en valeur cette maxime du poète, montrant leur volonté de faire face aux problèmes sociétaux devenus légions.
Pierre Marcel Diaz
Secrétaire Général Adjoint du MIP

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