PIERRE ALIKER UN HOMME VÉRITABLE Par Édouard de Lépine


Rédigé le Mardi 8 Février 2011 à 20:55 |

Rédaction du Naïf . Un siècle passé... c'est ce que fête aujourd'hui, le 9 février 2011. 104 ans .On ne rencontre jamais le Docteur Aliker sans puiser dans ses propos sinon un nouveau sujet d’étonnement du moins l’envie d’aller plus loin que ce qu’on croit savoir de lui et dont on sent bien qu’on est très loin d’avoir mesuré tout ce qu’on aurait pu avoir tiré d’une fréquentation plus régulière pour mieux comprendre l’histoire de Fort-de-France et dans une large mesure de la Martinique pendant la seconde moitié du XXe siècle


Ma dernière rencontre avec le Dr date d’une dizaine de jours à peine. Le Président du Modem, François Bayrou, de passage à la Martinique, avait manifesté un tel désir de lui dire le respect et l’admiration qu’il lui voue depuis qu’il l’a entendu, quelque deux ans et demi plus tôt aux funérailles de Césaire, que j’avais sollicité du docteur ce rendez-vous en me disant qu’il s’agirait juste d’un échange de quelques minutes.

Le docteur a reçu François Bayrou pendant près d’une demi-heure. Il a répondu avec précision à toutes les questions du leader du MODEM, sur sa famille, sur ses études, sur son métier et naturellement sur Aimé Césaire.

Il a surtout évoqué, avec une modestie rare dans ce milieu, sa collaboration avec son jeune maître et ami, de six ans son cadet, pendant 56 ans, (dont 44 comme premier adjoint 1957-2001) à l’œuvre colossale entreprise en 1945 de faire une ville de la collection de villages qu’était encore Fort- de- France au lendemain de la seconde guerre mondiale, malgré les progrès réalisés sous la direction de Victor Sévère pendant le demi-siècle précédent.

Je ne sais pas si le PPM envisage de rééditer une brochure, parue en 1976, qui m‘a beaucoup impressionné quand je l‘ai découverte quelque six ans plus tard, « La maison est bien gardée ». C’est le texte d’une intervention radio du Docteur Pierre Aliker sur FR3 Martinique le 5 novembre 1976. La deuxième en 17 ans.

Je ne connais pas de meilleure introduction à l’étude de l’histoire de la municipalité progressiste de Fort de France et de la place qu’a occupée le premier adjoint d'Aimé Césaire dans cette œuvre colossale.

Il faudra en rendre l’étude obligatoire dans toutes les écoles de formation du Parti.

Mais mon sentiment est qu’il faudra faire mieux et plus - le plus rapidement sera le mieux – pour permettre aux jeunes générations et pas seulement aux militants PPM mais à tous les jeunes Martiniquais et à ceux qui le sont moins, de connaître et d’honorer véritablement un homme qui ne déteste rien tant que l’esprit de cour, parce qu’il croit au travail, à la sincérité et au courage, comme des valeurs cardinales non négociables de l’engagement politique.


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