Quand M6 mord les fesses de Josette BOREL LINCERTIN !


Rédigé le Jeudi 20 Février 2014 à 06:42 |
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Depuis la diffusion du reportage de M6 relatif à la question de la violence en France, dans les DOM en général, et en Guadeloupe en particulier, des voix s’élèvent pour fustiger la ligne éditoriale du reportage.


Peu habituée à une presse qui mord les fesses

Peu habituée à une presse qui mord les fesses, la Présidente du Conseil Régional de la Guadeloupe se fend d’un communiqué ridicule dont la portée à notre sens ne va faire que renforcer le nombre de reportages sur nos iles par la presse nationale sur cette réalité intolérable et insupportable.

La présidente de la région regrette que le meilleur de Guadeloupe ne soit pas mis en avant. En réalité elle réagit en bonne Antillaise qui considère que « qui raconte ses peines raconte ses mépris ».
Alors que l’on pouvait s’attendre à ce qu’elle profite ce de cette vitrine pour interpeller l’état, c’est au média qui ouvre les yeux qu’elle s’attaque.

Oui la Guadeloupe est malade de sa jeunesse ? Oui elle est malade d’une violence qui gangrène le pays, oui il y a une vrai problème de la prostitution.

Qu’on se rassure en Martinique c’est la même chose si ce n’est déjà pire.


La lettre du président à Monsieur le président du directoire de M6

" Monsieur le président du directoire,

C'est en tant que mère de famille mais aussi présidente de Région que je vous interpelle à la suite de la diffusion sur vos antennes de l'émission Enquête Exclusive "Police et Gendarmes: alerte en Guadeloupe", le 16 Février dernier.

S'il est vrai que j'accorde le plus grand respect à la liberté d'expression de la presse et à son droit de relater les faits, je me dois devous faire part de l'indignation de mes nombreux compatriotes et élus suscitée par le contenu de ce reportage de M. Bernard de la Villardière.

La Guadeloupe souffre, M. de Tavernost, et ses enfants les premiers, de ce mal qui gangrène nos sociétés de l'Hexagone et d'Outre-mer, nous n'avons pas d'exclusivité en ce domaine. Cependant, la nature et l'expression des violences perpétrées dans notre département méritent un traitement moins voyeuriste, une description moins factuelle et une approche sociale plus sensible et analytique allant au-delà d'une simple comptabilité macabre. Je prendrai à témoin, cet éffroyable drame familial où un père a arraché la vie, cinq membres de sa famille, sans que les raisons ne soient à ce jour connues.

Votre politique éditoriale aime se targuer d'appuyer "la ou cela fait mal !". Vos journalistes revendiquent même au nom de la concurrence un style au limite de l'exagération. Au nom de l'audimat, vous faîtes fi de la critique et annoncez même que c'est le prix à payer. L'information a t-elle atteint ce niveau de cynisme que l'humain et la décence peuvent y être broyés sans souci ?

Vous avez souhaité montrer le quotidien des forces de police et de gendarmeries, mais le profil de la jeunesse croisée est pointée du doigt tout au long de vos images violentes, macabres et carnavalesques, tournées en dérision, ne saurait valoir pour l'ensemble de la jeunesse de notre archipel.

En jetant ainsi l'opprobre comme vous l'avez fait sur la jeunesse guadeloupéenne, sans donner la parole à celle qui gagne, qui entreprend et qui au quotidien se bat pour atteindre l'excellence en intégrant des établissements comme Sciences Po et des écoles d'ingénieurs ou en développant des procédés innovants, vous avez laissé un goût amer à ceux qui aiment la Guadeloupe et qui se battent sans relâche pour sa réussite.

Votre souci de prise à témoin du télespectateur averti dés le début d'un programme déconseillé aux moins de 10 ans, le plonge d'emblée dans une atmosphère de tension alimentée par une éffusion d'images violentes, sanglantes, servies par une utilisation à outrance de vidéos de surveillance, de sources privées, qui à notre sens auraient dues constituer des éléments susceptibles de faire progresser les investigations des forces de police ou de gendarmerie plutôt qu'une vitrine choquante du déchaînement de certains individus contrastant sévèrement avec celles de touristes en vacances présentés comme inconscients du danger qui les guette.

Monsieur de Tavernost, sur plus d'une heure de reportage, je suis au regret de constater et de vous dire que le compte n'y est pas. Les maigres tentatives pour apaiser la volonté de stigmatisation de notre société ne rendent pas justice à notre île et ne reflètent pas la réalité dans sa totalité.

Je déplore d'ailleurs le choix de ne pas avoir intérrogé d'élus ou de politiques, fustigés par certains de vos interlocuteurs et pointés du doigt lorsque l'on décrit une Guadeloupe abandonnée, un climat explosif dans un décor de cliché pour ternir encore un peu plus l'image de la "carte postale". Souffrez que nous puissions un jour avec vos équipes vous montrer un autre visage de la Guadeloupe à peine éffleuré dans votre reportage: innovante, créatrice et soucieuse d'éviter à sa population et surtour à sa jeunesse le sombre dessein dans lequel votre émission l'a, à tort, circonscrit.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le président du directoire, l'expression de ma parfaite considération

La présidente du Conseil Régional

Josette BOREL LINCERTIN

Image de la dernière lettre de madame la présidente demandant secours



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