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JEAN BERNABE, MET-A-MANYOK #KREYOL, MONTE NAN GALLILE par #Marie-HélèneLEOTIN  12/04/2017

Photo Serge BOISSARD
Le monde la langue, de la littérature et de la culture créoles, le monde universitaire de Guyane, Guadeloupe et Martinique, sont en deuil. Jean Bernabé nous a quittés à l’âge de 75 ans.

Professeur émérite des Universités, Jean Bernabé luttait depuis plusieurs mois contre une maladie paralysante. Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université des Antilles et de la Guyane, agrégé de grammaire, Docteur d’Etat en linguistique, Jean Bernabé était particulièrement reconnu pour ses travaux sur la langue créole. Sa thèse s’intitule : « Fondal Natal : Grammaire basilecticale approchée des Créoles guadeloupéens et martiniquais » (L’Harmattan, 1983).

Fondateur du GEREC-F (Groupe de Recherches et d’Etudes en Espace Créole et Francophone), Jean Bernabé a été à l’origine de la création de la licence et de la maîtrise de créole à l’UAG. Avec Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau, il est cofondateur du mouvement littéraire de la Créolité, autour notamment de l’ouvrage publié en 1989 : « Eloge de la Créolité ».

Jean Bernabé n’oubliait pas non plus la formation des adultes en participant à la mise sur pied de l’UTL (Université du Temps Libre), sur le campus de Schœlcher.
Ecrivain, auteur d’essais, romans, articles de sociolinguistique et de littérature, son dernier ouvrage publié en 2016 s’intitule : « La dérive identitariste » (L’Harmattan). Jean Bernabé animait aussi une tribune : « Patriotisme, université et développement de nos pays ».

Jean Bernabé a été un militant infatigable de la langue créole. Nous retiendrons l’image de ce jeune linguiste, professeur, arpentant les allées du Parc Galliéni (actuel Parc culturel Aimé Césaire) à Fort-de-France, lors des Floralies de 1973, vendant son journal à la criée, un journal donnant à la langue créole ses lettres de noblesse. Ce travail et cet engagement n’étaient pas faciles à cette époque !
« Les langues ne disposent pas d’un procédé magique qui leur permettrait de créer instantanément et de toutes pièces des mots leur permettant d’éviter les emprunts à d’autres langues. L’emprunt est un phénomène linguistique naturel et il serait aberrant de le proscrire. Le problème n’est donc pas le fait de l’emprunt, mais son intensité et surtout son caractère unilatéral ».

Le 13 décembre 2015, Jean Bernabé adressait une lettre au Président de La Collectivité Territoriale de Martinique, sous le titre : Pour le développement des compétences linguistiques de la population martiniquaise au regard de son inscription dans l'aire caribéenne. Il y préconisait la création d'un Office Martiniquais pour l'Aménagement Linguistique en Espace Créolophone (OMALEC).

Honneur et respect !

Sincères condoléances à la famille et aux amis de Jean Bernabé.

Marie-Hélène LEOTIN
Conseillère exécutive en charge de la Culture et du Patrimoine.


Fort-de-France, le 12 avril 2017


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Le 5 Février 2021, Yvon JOSEPH-HENRI publiait un article intitulé « ECOCRIME : RENDRE JUSTICE ». Il s’agissait de la première partie de son propos. Avec Florent GRABIN, il en signe aujourd’hui la seconde partie :


Un empoisonnement multiple dont nous portons une grande part de responsabilité

Avant tout, il faut comprendre que l’autorisation de l’Etat de prolonger l’utilisation de la chlordécone dans la banane, n’est pas issue d’une de ces volontés saugrenues, mais de la demande de nos parlementaires martiniquais. Ceux-ci ont répondu à une nécessité de préserver l’emploi d’une quasi-monoculture. En même temps, force est de constater que l’effet de ce pesticide atteint la population par le contact avec le produit mais aussi par la boisson et la nourriture.

Plutôt qu’une indemnisation, il nous paraît peut-être plus adapté d’obtenir une prise en charge pour la population. Et, pour les ouvriers agricoles, une prise en charge de leur pathologie à 100% ! En matière de Santé, il est vraisemblable qu’on trouvera très peu de chlordécone aujourd’hui dans les organismes, car nous avons depuis 20 ans, utilisé d’autres produits dont la combinaison, loin d’être anodine, développe également des cancers.

La banane, un secteur porteur, économiquement, socialement et écologiquement. Sur le plan économique, il convient de rappeler que le secteur de la banane est un secteur particulièrement actif. Ce dernier emploie entre 6.000 et 6.500 salariés en emplois directs, soit près de 15.000 salariés indirects !


Victor HAUTEVILLE





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