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STRAUSS-KHAN PRIS AU PIEGE Par Mike WHITNEY


Rédigé le Mardi 17 Mai 2011 à 06:17 |

LU POUR VOUS/Rédaction du Naïf : Je n’ai aucun moyen de savoir si la femme de chambre de 32 ans qui affirme avoir été agressée et forcée à un acte de sexe oral sur la personne du patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, dit la vérité ou pas. Je laisse ça à la meute médiatique qui a déjà endossé l’habit du juge, du jury et du bourreau. Mais je dois dire que toute cette affaire me paraît louche, tout comme l’affaire Eliot Spitzer paraît louche.



Spitzer, vous vous en souvenez peut-être, était l’adversaire le plus résolut de Wall Street et le probable candidat à tête de la SEC (organisme de contrôle boursier US – NdT), un poste où il aurait excellé. En fait, je n’ai aucun doute que si Spitzer avait été nommé à la tête de la SEC, la plupart des plus grands banquiers de Wall Street seraient actuellement en train de casser des cailloux dans un pénitencier fédéral.


Il y avait donc suffisamment de raisons pour suivre chaque geste de Spitzer pour voir s’il n’y avait pas moyen de le salir. Et il se trouve que l’ex-gouverneur de New York a facilité la tâche de ses ennemis en achetant les services d’une prostituée de luxe nommée Ashley Dupre dans l’hôtel Mayflower. Lorsque l’information a éclaté, les médias sont tombés sur lui comme une nuée de sauterelles pour examiner à la loupe tous les moindres détails.


Pendant ce temps, les escrocs de Wall Street ont pu pousser un soupir de soulagement et retourner à leur spécialité : arnaquer les investisseurs et voler les économies de toute une vie aux gens.


Strauss-Khan avait lui aussi des ennemis hauts-placés, et c’est pour cela que toute cette affaire pue. D’abord, Strauss-Khan était le candidat probable du Parti Socialiste Français face à Sarkozy lors les prochaines élections présidentielles. Le chef du FMI avait une avance sur Sarkozy qui a connu nombre de scandales personnels et a plongé dans les sondages d’opinion.


Mais si Strauss-Khan a été piégé, c’était probablement par le coalition des banquiers occidentaux, le groupe obscur de porcs égoïstes dont la politique a maintenu une grande majorité de la population mondiale dans la misère et le désespoir depuis 200 ans. Strauss-Khan s’était récemment écarté de la « ligne du parti » et était en train de modifier le cours du FMI.


Sa conversion était défendue par l’économiste progressiste Joseph Stiglitz dans un article récent intitulé « Le changement du FMI ». Voici un extrait :« Le fait remarquable lors de la réunion annuelle de printemps du FMI a été l’effort souligné du Fonds de se démarquer de ses anciens principes sur le contrôle des capitaux et la flexibilité du marché du travail. Il semble qu’un nouvel FMI ait progressivement émergé, en douceur, sous la direction de Dominique Strauss-Khan.



Il y a un peu plus de 13 ans, lors de la réunion du FMI à Hong-Kong en 1997, le Fonds avait tenté d’amender sa charte pour s’accorder plus de possibilités pour pousser les pays vers une libéralisation des capitaux et des marchés. Le moment choisi ne pouvait être pire : la crise de l’Asie de l’est ne faisait que commencer – une crise largement provoquée par la libéralisation des capitaux et des marchés dans la région qui, eu égard à son fort taux d’épargne, n’avait aucune raison d’être.



Ce choix avait été défendu par les marchés financiers occidentaux – et par les ministres des finances occidentaux qui sont à leur service. La déréglementation financière était la principale cause de la crise globale qui a frappé les Etats-Unis en 2008, et la libéralisation des finances, des capitaux et des marchés ailleurs à favorisé la prolifération de la crise « made in America » à travers le monde. La crise a démontré que les marchés libres et non faussés ne sont ni efficaces ni stables. »



Ainsi, Strauss-Khan tentait d’adopter une politique plus positive, dans une direction qui n’exigerait plus des pays qu’ils ouvrent leurs économies aux ravages provoqués par les capitaux étrangers qui s’engouffrent – en faisant monter les prix et en créant des bulles – et qui se désengagent aussi rapidement en lassant derrière eux un fort taux de chômage, une consommation en chute libre, des industries brisées et une profonde récession.



Strauss-Khan avait tracé une voie « plus douce », une voie qui n’obligerait pas les dirigeants étrangers à privatiser leurs industries nationalisées ni à briser les syndicats. Naturellement, ses initiatives n’étaient pas chaudement accueillies par les banquiers qui comptent sur le FMI pour légitimer leur actuel pillage du reste du monde. Ce sont ces gens-là qui pensent que la politique actuelle est « très bien comme elle est » parce qu’elle produit les résultats qu’ils espèrent, à savoir plus de profits pour eux et plus de misère pour les autres.


Encore Stiglitz, qui cette fois-ci donne le « baiser de la mort » à son ami Strauss-Khan :« Strauss-Khan a été un dirigeant sagace pour le FMI... Strauss-Khan a conclut son allocution devant le Brookings Institution peu avant la récente réunion du FMI : « Au final, l’emploi et la justice sont les bases d’une stabilité et prospérité économique, d’une politique de stabilité et de paix. C’est le cœur du mandat du FMI. Il doit être placé aux cœur de notre programme. »C’est ça.

Maintenant, le FMI va se transformer en un agent de redistribution des richesses (pour) « renforcer les négociations collectives, restructurer les emprunts immobiliers, restructurer les impôts et les politiques de dépenses pour stimuler l’économie par le biais d’investissements à long terme et la mise en œuvre de politiques sociales qui accordent une égalité des chances » ? (selon Stiglitz) Bonne chance, mon gars.Peut-on imaginer combien ce genre de discours peut énerver ceux qui sont au sommet ?


Combien de temps pensez-vous qu’ils supporteraient ce genre de fadaises avant de décider que Strauss-Khan a besoin de prendre quelques congés ? Pas longtemps, je parie.



Lisez ceci de World Campaign et jugez par vous-mêmes si Strauss-Khan était devenu un « problème » qu’il fallait régler pour que les affaires, qui consistent à extirper la richesse des plus pauvres de la terre, puissent se poursuivre tranquillement :« Pendant des décennies, le FMI a été associé par les altermondialistes à tout ce qui n’allait dans la manière que les plus riches géraient le reste du monde, surtout les pays les plus pauvres, avec leur obsession d’exiger des politiques d’austérité en échange de leurs prêts, et une philosophie « d’écoulement de la richesse vers le bas » qui a permis aux élites traditionnelles de maintenir le statut quo tout en maintenant la majorité dans la misère.



Avec un monde de plus en plus agité par ces réalités, et à la suite de la crise financière globale et des mesures de contrôle et autres politiques qui ont fait leurs preuves après la Grande Dépression, le directeur du FMI Dominique Strauss-Khan a fait quelques déclarations étonnantes sur comment le FMI et le monde devaient changer de politique.Dans un article publié aujourd’hui dans le Washington Post, Howard Schneider écrit qu’après que le crash de 2008 ait abouti à un retour à la réglementation des sociétés financières et à plus d’engagement des gouvernements dans l’économie, selon Strauss-Khan « nous n’avons parcouru que la moitié du chemin, alors qu’il a dirigé le Fonds vers une remise en cause fondamentale de la pensée économique. Il a récemment exposé un récapitulatif général de ses conclusions : il faut renforcer le contrôle des marchés par l’état ; les politiques globales doivent produire une meilleure redistribution des revenus ; les banques centrales doivent limiter l’expansion trop rapide des emprunts et des prix de l’immobilier ; « il y aura un retour de balancier du marché vers l’état, » a déclaré Strauss-Khan lors d’une intervention à George Washington University la semaine dernière. « La mondialisation a donné beaucoup de résultats... mais elle a aussi un côté sombre, le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres. A l’évidence, il nous faut une nouvelle forme de mondialisationn » pour empêcher que « la main invisible » des marché déréglementés ne se transforme en un « poing invisible ». http://wcampaign.org/issue.php?mid=...



Répétez après moi : « … remise en cause fondamentale de la pensée économique » … (une plus grande) « redistribution des revenus »... (plus) « de régulations des sociétés financières », « les banques centrales doivent limiter l’expansion trop rapide des emprunts et des prix de l’immobilier ». C’est une blague ? Relisez encore une fois le passage et je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire que Strauss-Khan a signé là son propre arrêt de mort.



Il n’y aura pas de révolution au FMI. Fadaises. L’institution fut créée avec l’intention claire de dépouiller les gens et elle a fait un excellent travail à cet égard. Il n’y aura pas de changement de politique non plus. Pourquoi faire ? Est-ce que les banquiers et les grosses pontes des multinationales auraient soudainement acquis une conscience et décidé de donner un coup de main à l’humanité en souffrance ? Et puis quoi encore ?



Strauss-Khan a franchi la ligne rouge. C’est pour cela qu’ils l’ont piégé et écrasé.



 



 








SOCIETE


1.Posté par TiKass le 17/05/2011 07:35
Ces infos tiennent la route mais tout ça pour une pipe... et nos universitaires qui sautent les étudiantes pour un sujet... si on faisait une enquête....

2.Posté par toto le 24/05/2011 10:59
Tout parlementaire américain doit soutenir la suprématie militaire d’Israël !
Mardi, 24 Mai 2011 [Section : Actualités antisionistes]



Cynthia McKinney, ancienne membre du Congrès américain.
Tout parlementaire américain doit soutenir la suprématie militaire d’Israël !



Lors d’une interview sur la chaîne Press TV, Cynthia McKinney, une ancienne membre du Congrès américain, a affirmé que chaque candidat au Congrès est obligé de signer un acte d’engagement qui l’oblige à toujours soutenir la suprématie militaire d’Israël. Par cette signature, les futurs congressistes s’engagent également à accepter Jérusalem (Al Qods) comme capitale d’Israël.

« Vous vous engagez ainsi à voter les décisions et résolutions en termes d’appui à Israël et à sa suprématie militaire », a-t-elle ajouté. Toujours, selon cette ancienne congressiste américaine, si un candidat refuse de signer cet acte d’engagement, il ne pourra alors plus recevoir de sommes d’argent pour financer ses campagnes électorales. Rappelons que le Président américain Barack Obama a promis, lors de la réunion annuelle de l’AIPAC (principal lobby pro-israélien aux États-Unis) le 23 mai 2011, de toujours soutenir la suprématie militaire d’Israël au Proche-Orient…





3.Posté par toto le 27/05/2011 06:54
Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK
par Thierry Meyssan*

On ne peut comprendre la chute de Dominique Strauss-Kahn sans la replacer dans le contexte du projet qu’il incarnait de création d’une nouvelle monnaie de réserve internationale prévue pour aujourd’hui 26 mai 2011. Un projet paradoxalement attendu par les États émergents tout autant que par la finance apatride, mais refusé par le complexe militaro industriel israélo-états-unien. Thierry Meyssan lève le voile sur le coup-fourré de l’administration Obama pour ne pas tenir ses engagements.

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26 mai 2011

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Thèmes
Globalisation économique

Pays
FMI

Personnalités
Strauss-Kahn, Dominique


Les Français ont assisté avec stupeur à l’arrestation aux États-Unis du leader politique le plus populaire chez eux, Dominique Strauss-Kahn. Ancien ministre de l’Économie, l’homme était devenu le haut fonctionnaire le mieux payé au monde (salaire de base annuel, hors primes et frais : 461 510 USD) et s’apprêtait, disait-on, à briguer la présidence de la République. Cette personnalité chaleureuse, connue pour son appétit à table et au lit, parfois accusé de faire de la politique avec dilettantisme tant il aime prendre le temps de jouir de la vie, est accusée d’avoir violé précipitamment une femme de chambre dans un hôtel de Manhattan.

Pendant six jours, les Français sont restés vissés devant leurs écrans de télévision à regarder hébétés l’acharnement judiciaire contre un homme qu’ils s’étaient habitués à considérer comme un recours possible après le catastrophique quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sa chute était aussi la fin de leurs illusions.

Le spectacle de ce destin brisé tient de la tragédie antique. Le dicton romain « Arx tarpeia Capitoli proxima » revient sur les lèvres : la roche tarpeïenne d’où les condamnés à mort étaient précipités dans le vide était si proche du Capitole, lieu symbolique du pouvoir et des honneurs.

Indépendamment de toute considération sur son innocence ou sa culpabilité, le broyage d’une si haute personnalité ne peut que provoquer l’angoisse chez le simple citoyen : si celui-là ne parvient pas à se défendre, alors comment pourrions-nous espérer le faire si nous étions accusés comme lui ?

L’ascension et la chute
Cependant les Français étant un peuple politisé, nourri des leçons de Machiavel sans jamais l’avoir lu, n’ont pas tardé à s’interroger sur le bien-fondé de l’accusation portée contre leur concitoyen, DSK. À 57 %, selon des sondages d’opinion, ils n’ont pas cru cette histoire de rut que les médias états-uniens se délectent à raconter. Les uns se sont mis à imaginer les scenari possibles de manipulation, tandis que les autres se demandaient « Cui bono ? » (À qui profite le crime ?).

À ce jeu là, le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Nicolas Sarkozy. Comment ne pas y penser lorsque l’on se souvient qu’il est devenu président en portant plainte contre son principal rival, Dominique de Villepin, et en l’empêtrant dans une affaire toute aussi rocambolesque de faux documents. Alors, pourquoi pas un nouveau complot pour écarter un nouveau concurrent ?


Dessin de Plantu paru dans « Le Monde » du 25 mai 2011. Et peu importe que les deux hommes aient eu besoin l’un de l’autre pour préparer les prochains sommets internationaux, ni qu’ils aient été tous deux inféodés au suzerain états-unien. On sait bien que les pires crimes exigent le sang des amis ou mieux des parents.

Au demeurant, les Français ignorent les attaches de DSK [1], comme ils ignoraient celles de Nicolas Sarkozy lorsqu’ils l’ont élu [2]. Jamais la presse ne les a informés que, dans les années 90, au cours de sa traversée politique du désert, il avait été engagé comme professeur à l’université de Stanford par une certaine… Condoleezza Rice. Ils ne savent pas non plus que lui et ses lieutenants Pierre Moscovici et Jean-Chrisophe Cambadélis furent chargé du financement du Parti socialiste et de la Fondation Jean-Jaurès par la National Endowment for Democracy —façade légale de la CIA [3]—. Ils n’ont pas suivi ses nombreux travaux et contrats avec les think tanks atlantistes, le German Marshall Fund of the United States [4] ou le Groupe de Bilderberg [5]. En définitive, ils ne savent rien de son engagement pour l’intégration de la France et de l’Europe au sein d’un grand marché transatlantique dominé par les États-Unis.

Les Français n’en savent pas plus sur ses liens étroits avec Israël. Il pilote au sein du Parti socialiste le Cercle Léon Blum, du nom d’un ancien Premier ministre juif. Ce discret et puissant lobby veille à écarter de la scène politique tout individu qui contesterait le projet sioniste. Ainsi fait-il tomber des têtes, comme celle du politologue Pascal Boniface qui soulignait le caractère électoralement contre-productif d’un soutien à Tel-Aviv dans un pays où 10 % de la population est de culture arabe. DSK ne se cache pourtant pas. Il déclare sans ambage : « Je considère que tout juif de la diaspora et de France doit apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël. » Bizarre pour quelqu’un qui brigue la présidence française. Peu importe, il est si jovial.

Néanmoins, rien n’aura été épargné à Dominique Strauss-Khan et à ceux qui l’aiment : pendant qu’il était placé en garde à vue, puis en détention préventive, sans jamais avoir l’occasion de s’exprimer, le procureur de New York faisait distribuer aux médias un acte d’accusation détaillé.

On peut y lire le descriptif froidement clinique du crime imputé : « L’accusé a tenté d’avoir, par la force, une relation sexuelle anale et orale avec un tiers ; l’accusé a tenté par la force d’avoir des rapports vaginaux avec un tiers ; l’accusé a forcé un tiers à un contact sexuel ; l’accusé a séquestré un tiers : l’accusé a obligé un tiers à un contact sexuel sans son consentement ; l’accusé a de façon intentionnelle et sans raison légitime touché les parties génitales et autres parties intimes d’un tiers dans le but d’avilir cette personne et d’abuser d’elle, et dans le but d’assouvir le désir sexuel de l’accusé.
Ces délits ont été commis dans les circonstances suivantes : le soussigné déclare avoir été informé par une personne connue des services du procureur que l’accusé 1) a fermé la porte de la pièce et a empêché la plaignante de quitter cette pièce ; 2) s’est saisi de la poitrine de la plaignante sans son consentement ; 3) a tenté de retirer de force le collant de cette personne et de toucher ses parties génitales de force ; 4) a forcé la bouche de la plaignante à toucher son pénis à deux reprises ; 5) a pu commettre ces actes en utilisant sa force physique. »

Tout cela étalé des jours durant au journal de 20h, avec moult détails, sous les yeux écarquillés de parents rentrant du travail, et devant des enfants effarés baissant leur nez sur leur assiette de potage.

Le choc culturel
On ne sait qui est le plus traumatisé : le brillant économiste qui devait sauver l’humanité de la crise financière et se trouve soudain ravalé au rang d’infâme criminel, ou le peuple qui aspirait au repos et envisageait de le choisir pour chef, et se voit contraint d’observer une fois de plus la violence des États-Unis.

À ce sujet, les Français cherchent des excuses au système judiciaire anglo-saxon qu’ils découvrent. Certes, ils avaient déjà vu cette parodie de justice dans des séries télévisées, mais ils n’avaient jamais cru que cela exista pour de vrai. Et du système extra-judiciaire, de Guantanamo et des prisons secrètes, ils n’ont jamais rien voulu savoir. Quelques commentateurs ont tenté d’expliquer la dureté de la police et du premier juge comme une volonté de traiter à égalité les puissants et les faibles. Ils ont pourtant tous lu les travaux d’illustres sociologues montrant que dans ce système inique l’argent est roi, et la justice est de classe.

Les Français ont aussi accepté sans broncher les reproches de la presse anglo-saxonne. Tout cela est la faute de la presse française, pouvait-on lire, qui n’a pas enquêté sur la vie sexuelle débridée de M. Strauss-Kahn au nom du respect de sa vie privée. Pourtant, poursuivent les puritains, celui qui séduit ostensiblement les femmes, voire les presse, parfois les bouscule, est un violeur potentiel. « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! ». En couverture, Time Magazine représente DSK et ceux qui lui ressemblent sous la forme d’un cochon. Nul n’a relevé que l’accusé était directeur du FMI et vivait à Washington depuis 3 ans sans que la presse anglo-saxonne donneuse de leçon ait, elle, enquêté sur ses supposés vices cachés.

L’accusation ayant ouvert le soupçon, chacun se souvient —mais un peu tard— qu’en 2002 DSK avait tenté de forcer une belle journaliste, Tristane Banon. Lorsqu’elle lui avait demandé un entretien, il l’avait invitée dans un appartement particulier, situé dans le quartier historique du Marais à Paris. Il avait accueilli la jeune femme dans un grand loft, dénué de tout meuble, excepté un grand lit. Et comme la belle ne cédait pas au libertin, il l’avait frappée.
Peut-être à New York, cette violence avait-elle submergé le galant homme et l’avait-elle transformé en criminel ?

Rien ne permet de l’imaginer, d’autant que DSK n’est pas un célibataire frustré. Il est marié à une star de la télévision, Anne Sinclair, qui fut la journaliste préférée des Français avant d’abandonner son métier pour l’accompagner, lui, dans sa carrière. Les Français l’ont retrouvée au Tribunal lorsque Dominique Strauss-Kahn comparaissait, toujours aussi belle et volontaire, malgré les années de plus. Petite fille d’un grand marchand d’art, elle dispose d’une confortable fortune familiale. Sans hésiter, elle était venue de Paris pour payer un million de dollars de caution et offrir cinq millions de dollars de garanties bancaires supplémentaires. En cet instant, cette femme d’argent était prête à tout céder pour arracher son époux des mâchoires écrasantes de la justice états-unienne. Elle n’en était que plus admirable. C’est qu’elle ne lui faisait pas grief de ses incartades, elle qui aimait à l’accompagner à la Chandelle, un club échangiste parisien.


DSK, le dindon de la farce. Dans toute nation digne de ce nom, on n’aurait pas supporté de voir une personnalité qui était pressentie pour être élue président et incarner le pays apparaître menottée entre des sbires du FBI, jeté à l’arrière d’une voiture comme un malfrat, exhibé devant un tribunal sans avoir la possibilité de se raser. On aurait probablement fait le siège de l’ambassade US en chantant des hymnes patriotiques. Pas en France. On y admire trop les « Américains ». On les contemple comme le lapin hypnotisé par le serpent cobra. Et l’on a du mal à admettre que l’on n’est pas le centre du monde, que si complot il y a, il ne s’est pas tramé aux bords de la Seine, mais sur les rives du Potomac.

La séquestration
DSK est-il coupable de viol ou victime d’une machination ? Il suffit de réfléchir pour répondre à la question.

L’accusé aurait passé la nuit en compagnie d’une call-girl. Il aurait violé la femme de chambre au brunch matinal, puis se serait rendu paisiblement déjeuner avec sa fille, étudiante à Columbia University. Enfin, il aurait été prendre son avion réservé plusieurs jours à l’avance pour aller rencontrer la chancelière Angela Merkel à Berlin. C’est confortablement assis dans un avion d’Air France qu’il a été appréhendé, dix minutes avant le décollage.

Selon le personnel naviguant, les policiers de l’Unité spéciale pour les victimes (celle du feuilleton Law and Order SVU [6]) n’ont pas demandé à leurs homologues de l’aéroport de procéder à l’interpellation, mais ont tenu à la réaliser eux-mêmes malgré le risque d’arriver trop tard. Pour éviter que DSK ne soit prévenu, ils ont par contre demandé que l’on brouille les téléphones portables dans cette zone de l’aéroport le temps nécessaire à leur venue [7]. Or, un tel brouillage n’est pas de la compétence d’une brigade mondaine. Ceci est bien une affaire de sécurité nationale.

Lorsque le suspect a été placé en garde à vue, il a été coupé de tout contact extérieur, hormis avec ses avocats, ainsi que le prévoit le droit états-unien. Mais lorsque la juge Melissa Jackson l’a mis en détention provisoire, il a encore été coupé de l’extérieur. Sans raison. La détention avait-on expliqué est nécessaire car le prévenu pourrait fuir en France, Etat avec lequel Washington n’a pas conclu de traité d’extradition et qui a protégé un autre prévenu accusé de viol, le cinéaste Roman Polanski. Cette décision n’avait pas été prise pour isoler l’accusé et l’empêcher d’influencer des témoins. Cependant la juge avait décidé de le faire enfermer à Rikers Island, une des plus importantes prisons du monde avec 14 000 détenus, et l’une des plus sombres. Un enfer sur Terre. « Pour sa protection », on l’avait alors gratifié d’une chambre individuelle et mis au secret.

Au total, durant 10 jours, le directeur général du FMI a été séquestré. Pendant 10 jours, le fonctionnement de l’institution internationale a été bloqué faute de signature. Pendant 10 jours, les problèmes de l’euro et du dollar, la faillite de la Grèce, et bien d’autres enjeux ont été suspendus au bon vouloir de policiers, de juges et de matons.

Selon la jurisprudence états-unienne, DSK qui n’a pas d’antécédents judiciaires et qui est domicilié à Washington, n’aurait pas dû être placé en détention préventive, mais aurait dû bénéficier d’une liberté sous caution. Il a probablement vite analysé la situation. Par l’intermédiaire d’un de ses avocats, il a réussi à faire parvenir au FMI une lettre de démission. Le lendemain même, contre toute attente, un nouveau juge accédait à sa demande de remise en liberté surveillée. Il n’était en effet plus utile de le maintenir sous écrou puisque le FMI avait recouvré sa capacité à agir.


Christine Lagarde salue tous ceux qui ont cru aux promesses faites par Washington à M. Zhou. Christine Lagarde, ministre française de l’Économie qui a fait carrière aux États-Unis en défendant les intérêts du complexe militaro-industriel [8], est pressentie pour succéder au prévenu à la direction du FMI, malgré les cris d’orfraie de la Russie et de la Chine.

Au fait, son second avocat, Benjamin Brafman, n’est pas venu le voir en prison et ne s’est pas présenté à la seconde audience. La star du barreau de New York était partie précipitamment en Israël. Officiellement pour y célébrer une fête religieuse en famille [9]. Mais pour exiger ses honoraires, Me Brafman n’a pas dû se contenter d’allumer les feux de Lag Ba’omer, mais il a dû négocier de l’aide pour son client.

Le projet Zhou
Pourquoi donc déployer des moyens hollywoodiens et bloquer le FMI durant 10 jours ? Deux réponses sont possibles, et elles sont peut-être liées.

En premier lieu, le 29 mars 2009, le gouverneur de la Banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan a remis en cause la prédominance du dollar comme monnaie de réserve. Déplorant que le projet de l’économiste John Maynard Keynes de créer une monnaie internationale (le Bancor) n’ait pas été concrétisée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, il proposa d’utiliser les Droits de tirage spéciaux du FMI pour jouer ce rôle [10].


Zhou Xiaochuan n’a pas dit son dernier mot. Cédant à la pression, les États-Unis acceptent un triplement des ressources du FMI et l’émission par le FMI de Droits de tirages spéciaux (DTS) d’une valeur de 250 milliards de dollars, lors du sommet du G20 à Londres, le 2 avril 2009. Ils acceptent également le principe d’un Conseil de stabilité financière auxquels seront associés les grands États émergents.

Cette idée est discutée au sommet du G8 à L’Aquila (Italie), le 8 juillet 2009. Poussant le pion plus loin encore, la Russie proposa de ne pas se contenter d’une monnaie virtuelle, mais de l’éditer. Dmitry Medevedev, qui avait fait frapper symboliquement des prototypes de cette monnaie, posa quelques pièces sur la table. D’un côté y figuraient les visages des huit chefs d’État et de l’autre la devise en anglais « Unity in Diversity » [11].

Le projet est soumis aux experts de la Division des Affaires économiques et sociales de l’ONU. Leur rapport, auquel participe le professeur Vladimir Popov de la New Economic School de Moscou, est étudié le 25 avril 2010 lors d’une réunion jointe du FMI et de la Banque mondiale [12].

Le processus devait aboutir, aujourd’hui 26 mai 2011, au sommet du G8 à Deauville (France). Le dollar aurait cessé d’être la monnaie de référence sur fond d’imminente cessation de paiement du gouvernement fédéral des États-Unis. Washington aurait renoncé au financement de son hyper-puissance militaire par la dette pour se consacrer à sa restructuration interne.


Le dinar libyen, première (et dernière ?) monnaie au monde garantie en or et en Droits de tirages spéciaux du FMI. En 2000, le colonel Kadhafi avait imaginé de créer une monnaie panafricaine basée sur l’or, mais il n’était pas parvenu à faire avancer son idée. Aussi, en 2009, s’était-il spontanément emparé du projet Zhou et l’avait unilatéralement adopté pour son pays. Le grain de sable
Malheureusement, durant les derniers mois de ce processus, des initiatives militaires et politiques ont bouleversé ce plan. Certains États —dont la Russie et la Chine— ont été floués. L’arrestation de DSK montre que Washington était de mauvaise foi et que ses concessions ne visaient qu’à gagner du temps.

Bien que le détail exact du montage imaginé par Dominique Strauss-Kahn pour créer cette nouvelle monnaie de réserve adossée aux Droits de tirages spéciaux du FMI soit secret, il apparaît que le Libye y jouait un rôle clé : à titre expérimental, c’est la Banque centrale libyenne qui la première avait décidé de fonder sa monnaie, le dinar, sur l’or et au delà sur les DTS. La chose est d’autant plus importante que la Libye dispose d’un fond souverain parmi les mieux dotés du monde (il est même un peu plus riche que celui de la Russie).

Or, en entrant en guerre contre la Libye, la France et le Royaume-Uni ont provoqué un gel théorique des avoirs non seulement de la famille Kadhafi, mais de l’État libyen. Pis, Paris et Londres ont dépêché des cadres de la banque HSBC à Benghazi pour créer une Banque centrale libyenne rebelle et tenter de s’emparer des avoirs nationaux [13]. Sans que l’on sache si Nicolas Sarkozy et David Cameron se sont laissés emporter par l’ivresse de leur force ou ont agi sur instruction de leurs mandants à Washington, le fragile édifice élaboré par Dominique Strauss-Kahn s’est effondré.

Selon nos contacts à Tripoli, au moment de son arrestation, DSK partait à Berlin pour trouver une solution avec la chancelière Angela Merkel. Il devait ensuite partir avec un émissaire de Mme Merkel négocier avec des représentants du colonel Kadhafi —voire avec lui directement—. La signature du Guide libyen étant indispensable au déblocage de la situation.

On assiste désormais à une guerre financière d’une ampleur jamais égalée : alors que la situation économique des États-Unis vacille et que le dollar pourrait devenir rapidement une monnaie de singe, l’accord conclu au G8 et avalisé au G20, mis en œuvre par le FMI en coordination avec la Banque mondiale et les milieux bancaires internationaux dont DSK était le champion, est suspendu. La domination du dollar est intacte quoique plus que jamais artificielle ; ce dollar que les États émergents voulaient relativiser, mais sur lequel le complexe militaro-industriel israélo-états-unien assoit sa puissance.

Dans ce contexte que vaut l’honneur d’un homme ?



4.Posté par moua le 02/06/2011 08:06
et on reparle de l affaire du juge ROCHE....

http://www.viddler.com/explore/NeillyDC01/videos/68/

5.Posté par françois le 02/06/2011 22:58
J'espère qu'il n'est pas coupable de ce crime, car si il y a crime il y a une victime.

Par contre présenter Strauss-Khann comme le sauveur du monde en domptant le capitalisme financier me fait doucement rigoler.
Ce que demande les peuples est simple: remettre sous domination publique tout ce qui est fondamental, les banques, l'énergie, l'eau, le transport et la grande distribution, entre autres.

6.Posté par toto le 13/06/2011 07:51
A francois.......

d accord avec toi françois....ENCORE FAUT IL QUE L' AILE PUBLIQUE ne soit pas clanique,caumunautariste , corporatiste et donc "MACONNIQUE" comme ici....CAR A CE MOMENT LA RIPOUBLIK C EST" EUX".....justement celle honteuse qui faillit sans cesse et sans faiblir....cette fausse représentation par mandat volé , imposé, le chantage, la menace, l exaction......la france dirige ses possessons ou terres éloignées sur ce modèle là.
d où LA FAILLITTE PRIGRAMMeE ET INNELUCTABLE.

c est exactement ce le triste heritage du colonialisme....

7.Posté par françois le 13/06/2011 09:59
salut TOTO
Je suis ok, l'oligarchie dirige sous des formes multiples.
J'en ai marre de la période de dénonciation.
Maintenant arrive le moment de les faire dégager.
Par ou commencer, en Amérique du sud ils ont commencé suivit par les pays arabes et l'europe se met en marche et nous...
Je suis preneur de toute bonne idée concrète.
Salut

8.Posté par TOTO le 17/06/2011 09:21
Ici l ami commencer par FAIRE VENNIR ET INSTALLER OFFICIELLEMENT LE FRONT NATIONNAL en representation permanante....ca fera un peu comme de l eau bénite sur les vampires....
On comprend donc mieux la levée de bouclier ripoublikaine...et l empechement opéré a l aeroport par marie jeanne et la clique logesque...lors de la dernière vennue DU PARLEMENTAIRE EUROPEEN et responsable politique NATIONNAL......

son eviction delictuelle du département opérée par un parlementaire en active contrevenait au code penal et civil...SUR INJONCTION ET MANIPULATION MACONNIQUE , sous l oeil laxiste et complice voir tetanisée de la fonction publique locale dont le préfet....en dit long SUR L INFILTRATION relle ici ET QUI DIRIGE quoi ici...et ailleurs

Ca c est déjà un début de piste

9.Posté par Maxo l'enclume le 06/07/2011 10:56
Pourquoi tant d'histoire pour une rencontre entre une homme aimant la vie et une femme aimant baiser... Si en Martinique on faisait l'enquête de nos politique aimant la vie... on apprendrait bien des choses.

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